Jonathan Marty-Wagner - Harmogénèse : Synesthèse Bitonale et cartographie des couleurs harmoniques

Harmogénèse est un corpus de recherche musicale développé par Jonathan Marty-Wagner, compositeur-chercheur français. Il explore les interactions entre modes, accords, centres tonals et couleurs harmoniques à travers une théorie originale : la Synesthèse Bitonal. La Synesthèse Bitonal cherche à cartographier ces états. Elle étudie les notes communes, les distances de quintes, les zones de friction, les pivots harmoniques, les paires modales induites et les passages possibles entre plusieurs mondes tonals ou modaux.

Présentation du Tome I, des Tables Bitonales Marty-Wagner et d’un corpus de recherche musicale consacré aux interactions modales

 

                                                                                                               

                                                                                                                  Harmogénèse - La Synesthèse Bitonal, Tome I de Jonathan Marty-Wagner : principes et fondements d’une théorie harmonique contemporaine.     

 

Harmogénèse est un corpus de recherche musicale développé par Jonathan Marty-Wagner, compositeur-chercheur français.
Il explore les interactions entre modes, accords, centres tonals et couleurs harmoniques à travers une théorie originale : la Synesthèse Bitonal.

Le Tome I, Harmogénèse - La Synesthèse Bitonal, publié par Jonathan Marty-Wagner, pose les fondements de cette recherche.
L’objectif est de penser les phénomènes harmoniques comme des champs relationnels : des espaces de couleur, de tension, de densité et de gravité produits par la rencontre de plusieurs mondes tonals ou modaux.

La Synesthèse Bitonal part d’un principe simple : lorsqu’un centre tonal ou modal est mis en relation avec un autre, il ne se produit pas uniquement une addition de notes. Il apparaît une couleur résultante, une friction, une zone de proximité ou d’étrangeté, parfois un effet de continuité, parfois une rupture perceptive. Deux mondes harmoniques peuvent se superposer, se contaminer, se refléter, se traverser ou créer entre eux une zone commune.

C’est cette zone que le corpus Harmogénèse cherche à cartographier.

 

De la bitonalité au champ perceptif

Dans l’histoire musicale, la bitonalité et la polytonalité ont souvent été abordées comme des procédés d’écriture : superposition de tonalités, stratification de plans, tension entre deux armatures ou deux pôles. La Synesthèse Bitonal de Jonathan Marty-Wagner prolonge cette question en la déplaçant vers la perception de la couleur harmonique.

Il ne s’agit pas de dire : “tel système est superposé à tel autre”.
Il s’agit de se demander : que produit cette rencontre ?

Un monde en C majeur et un monde en A majeur, par exemple, n’ont pas seulement des notes différentes. Leur interaction crée un champ global, des notes communes, des altérations importées, des tensions spécifiques, des régions de stabilité et d’instabilité. Chaque pôle conserve une part de son identité, mais absorbe aussi certains traits de l’autre.

Dans cette perspective, Harmogénèse propose d’observer les relations harmoniques selon plusieurs paramètres :

la distance entre les centres ;
les notes communes ;
les notes étrangères ;
les altérations importées ;
la densité intervallique ;
la possibilité de modulation ou de pivot ;
la couleur résultante ;
la sensation de proximité, de flottement, de tension ou de portail.

Cette approche ne remplace pas l’analyse tonale, modale ou atonale. Elle cherche plutôt à ouvrir une zone intermédiaire : un espace de lecture pour les harmonies qui ne se laissent pas réduire à une seule tonalité, à un seul mode ou à une seule fonction.

 

Légende des couleurs bitonales dans Harmogénèse : proximité, tension, luminosité, flottement, triton et effet de portail.

 

 

Les Tables Bitonales Marty-Wagner

Au cœur du Tome I se trouvent les Tables Bitonales Marty-Wagner.

Ces tables sont conçues comme des cartes de navigation entre centres harmoniques. Elles permettent de visualiser les relations entre un centre de départ, un monde relationnel et une couleur résultante. Chaque cellule devient un point de rencontre : une relation entre deux pôles, susceptible de produire une densité, une tension ou une couleur spécifique.

La table n’est pas seulement un tableau théorique. Elle fonctionne comme un instrument de composition.

Elle permet de choisir un trajet, de comparer plusieurs relations, d’identifier des zones de stabilité ou de contraste, et de construire un parcours harmonique à partir de la couleur plutôt qu’à partir de la seule fonction tonale. Dans ce contexte, les couleurs ne sont pas des métaphores décoratives. Elles deviennent des repères de navigation.

Dans la cartographie proposée par Jonathan Marty-Wagner, les couleurs bitonales peuvent désigner des degrés de proximité ou de tension :

blanc pour l’identité ou la fusion ;
vert pour la proximité ;
bleu pour une couleur narrative ;
violet pour une couleur onirique ;
jaune pour une zone lumineuse ou tendue ;
orange pour une sensation flottante ;
rouge pour une zone de triton, de tension forte ou d’effet de portail.

Ces couleurs ne prétendent pas enfermer l’écoute dans un code absolu. Elles servent de langage opératoire : un moyen de rendre visibles des rapports harmoniques qui, d’ordinaire, restent abstraits.

table bitonal

Table Bitonale Marty-Wagner : cartographie des relations entre centres harmoniques, organisée par distance de quintes et couleurs bitonales.

 

 

Paire Modale Induite

Une notion importante du Tome I est la PMI, ou Paire Modale Induite.

La Paire Modale Induite décrit ce qui se produit lorsque deux mondes harmoniques entrent en relation et que chacun importe certains éléments de l’autre tout en conservant sa propre tonique.

Par exemple, dans la relation entre C majeur et A majeur, le monde de C peut absorber certaines altérations issues de A majeur, comme F# ou G#, et faire apparaître une couleur proche d’un C lydien #5. De son côté, le monde de A peut absorber d’autres éléments et faire émerger une lecture modale différente.

La PMI permet donc de ne pas réduire la superposition à un simple ensemble de notes. Elle montre comment chaque pôle réinterprète l’autre depuis son propre centre. Le résultat n’est pas seulement un champ global, mais une double lecture modale : un monde A vu depuis C, et un monde C vu depuis A.

C’est un point essentiel de la Synesthèse Bitonal : chaque centre conserve sa gravité.
La relation n’annule pas les pôles. Elle les transforme.

 

PMI — Paire Modale Induite : transformation réciproque de deux mondes harmoniques dans la Synesthèse Bitonal de Jonathan Marty-Wagner.

 

 

Triade Pivot

La Triade Pivot est une autre notion centrale du corpus Harmogénèse.

Elle désigne une triade pouvant servir de zone commune entre deux mondes harmoniques. Là où une modulation classique cherche souvent un accord pivot fonctionnel, la Triade Pivot cherche une zone de passage par couleur, cohérence intervallique ou appartenance partagée.

Dans l’exemple A mineur + F# mineur, certaines triades peuvent fonctionner comme portes entre les deux espaces. B mineur peut agir comme porte mineure ; D majeur peut agir comme porte brillante. Ces triades ne sont pas seulement des accords intermédiaires : elles sont des points de condensation entre deux champs.

La Triade Pivot sert donc à relier deux couleurs sans perdre la cohérence du parcours.

Elle est particulièrement utile pour la composition modale, la musique de jeu vidéo, l’écriture progressive, les climats harmoniques évolutifs, les transitions entre sections, ou les formes où l’on veut éviter la modulation fonctionnelle trop explicite.

Dans Harmogénèse, le passage d’un monde à un autre peut ainsi être pensé comme un trajet perceptif : non pas “changer de tonalité”, mais traverser une zone commune.

 

Triade Pivot : zone commune permettant de relier deux mondes harmoniques sans rupture de cohérence.

 

 

Déclinaisons des tables bitonales

Le Tome I ouvre aussi plusieurs extensions possibles de la cartographie harmogénétique.

La première est la cartographie bi-modale. Elle consiste à superposer deux modes, par exemple E dorien et G mineur harmonique. Le résultat peut produire un champ décatonique, avec des frottements spécifiques entre les deux identités modales.

La deuxième est la cartographie bi-pentamodale. Elle repose sur la rencontre de deux pentatoniques. Deux systèmes simples peuvent produire ensemble une couleur plus complexe, parfois proche d’un lydien incomplet, d’un hexatonique singulier ou d’un champ modulaire très exploitable en composition.

La troisième est la cartographie miroir. Elle met un monde face à son reflet. Une relation comme C majeur / G mineur peut être transformée par effet de miroir en C majeur / Db majeur, créant une lecture clair-obscur, une sensation de symétrie déplacée ou de reflet harmonique.

La quatrième est la cartographie symétrique. Elle concerne les modes à transposition limitée, les systèmes hexatoniques, octatoniques ou whole tone. Ces structures possèdent déjà une logique interne très forte ; leur intégration dans Harmogénèse permet de les lire comme zones de portail, de suspension ou de gravité instable.

Ces extensions montrent que la Synesthèse Bitonal n’est pas limitée à la superposition de deux tonalités majeures ou mineures. Elle peut s’appliquer aux modes, aux pentatoniques, aux systèmes symétriques, aux structures hybrides et aux champs harmoniques élargis.

 

Extensions du modèle harmogénétique : bi-modale, bi-pentamodale, miroir et symétrique.

Extensions du modèle harmogénétique : bi-modale, bi-pentamodale, miroir et symétrique.

 

 

Cube Bitonal et outils numériques

Harmogénèse n’est pas seulement une théorie écrite.
Le corpus développé par Jonathan Marty-Wagner comprend aussi des outils numériques destinés à explorer ces relations de manière concrète.

Le Cube Bitonal permet de visualiser plusieurs faces relationnelles : majeur/majeur, majeur/mineur, mineur/mineur. Chaque cellule indique une relation entre deux pôles et peut être interprétée selon sa couleur, son degré de proximité, sa tension ou sa fonction possible dans un parcours.

Ces outils sont conçus comme des instruments d’exploration, des interfaces pour penser, entendre, comparer et choisir.

Ils permettent au compositeur de travailler avec des questions comme :

quelle couleur produit cette relation ?
quelle zone est proche de mon centre de départ ?
où se trouve le triton relationnel ?
quelle cellule crée une tension narrative ?
quelle relation donne une sensation de flottement ?
quel pivot permettrait de passer d’un monde à l’autre ?
quelle paire modale induite apparaît dans cette superposition ?

Dans cette démarche, la théorie et l’outil se développent ensemble.
La cartographie produit des idées musicales ; l’écoute corrige la cartographie ; l’outil permet d’expérimenter ; la composition révèle les limites ou les puissances du modèle.

                                                                               

 

 

 

Une recherche-création indépendante

Le corpus Harmogénèse s’inscrit dans une démarche de recherche-création indépendante.

Jonathan Marty-Wagner développe simultanément les fondements théoriques, les représentations visuelles, les outils numériques, les exemples sonores et les applications compositionnelles. Ce travail se situe à la croisée de la théorie musicale, de la composition contemporaine, des musiques modales, de l’harmonie étendue, de la pédagogie musicale et des environnements numériques d’aide à la création.

La Synesthèse Bitonal propose une manière de regarder les relations harmoniques : non comme des objets isolés, mais comme des interactions entre mondes.

Dans cette perspective, un accord n’est plus seulement un empilement de notes.
Un mode n’est plus seulement une gamme.
Une modulation n’est plus seulement un déplacement fonctionnel.
Chaque relation devient un phénomène de couleur.

C’est cette idée qui traverse le Tome I : composer avec les couleurs harmoniques demande de cartographier les espaces où elles naissent.

 

Publication du Tome I

Le Tome I, Harmogénèse — La Synesthèse Bitonal, constitue le premier volume du corpus.

Il rassemble les principes fondamentaux de la théorie, les tables, les premières notions opératoires et les représentations nécessaires à l’exploration du modèle. Il forme le socle sur lequel peuvent se développer les outils, les extensions et les études futures.

Cette publication s’accompagne d’un travail de documentation progressive.

L’objectif est de rendre le corpus consultable, identifiable et transmissible.

Harmogénèse est donc à la fois :

une théorie musicale ;
un langage de cartographie harmonique ;
un ensemble d’outils numériques ;
une pratique de composition ;
un espace de recherche-création autour des couleurs sonores.

 

Liens associés

Page officielle Harmogénèse - Jonathan Marty-Wagner
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